Musashi

Le troisième homme

Une communauté fraternelle d'hommes libres et déterminés, en alternative aux pièges de la société moderne

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mardi 29 août 2017

Le langage de l'action


A la mémoire de Paul Watzlawick

Emmanuel Macron aime à se faire passer pour un homme qui a connu le monde de l’entreprise et sa mise à l’épreuve par l’action.

Certaines activités humaines sont cruelles. Notamment, lorsqu’elles requièrent un niveau d’exigence tel que l’on peut juger dès les premières minutes à qui l’on a affaire.

Pour des musiciens chevronnés, celui qui joue dévoile son niveau dès les premières notes. Le mauvais musicien se trahit dans la première minute. Au jeu d’échecs, les quinze premiers coups vous donnent une idée déjà précise de la force de votre adversaire. Le jeu incohérent du débutant se dévoile rapidement.

Il en est de même du monde de l’entreprise. Et plus particulièrement, d’une certaine utilisation du langage par l’entrepreneur, liée à une éthique de l’action.


vendredi 18 août 2017

Leçon de droit à l’usage de ceux qui ont soif de justice



Année 2153. Luc esquisse une moue sévère avant de rencontrer M. Augustin. Le jeune étudiant en droit se sent un peu intimidé, face à la somme de connaissances et d’accomplissements qu’il va bientôt rencontrer pour son cours du soir. Mais la civilisation dont Luc est issu apprend à faire de la peur un enthousiasme. Il pousse la porte de l’ancienne bibliothèque en ayant soif de connaissance et de confrontation.


« Bonsoir Luc. J’ai cru comprendre que tu souhaites t’entretenir avec moi de cette période trouble dont j’ai déjà discuté avec ton condisciple Hector, l’historien. Mais cette fois sur ta matière propre : le droit ! Décidemment, votre génération a de curieuses fascinations, car l’époque qui t’intéresse a ceci de particulier qu’elle était parvenue à pervertir toute valeur, au point de se réclamer de celles-ci mais d’agir exactement à l’inverse. »


« Justement M. Augustin, je veux comprendre comment une société parvient à ce degré d’hypocrisie, qui fait sans doute hurler le simple citoyen, mais dont il ne peut sortir, comme d’une camisole de l’esprit. Il est également enrichissant de comprendre les raisons qui ont poussé des dirigeants à agir de façon aussi pervertie, en plaçant en face de chaque valeur sa version dévoyée qui en prend toutes les apparences mais instille l’inverse dans la société. Indépendamment des jugements moraux que l’on peut porter sur une telle entreprise, parvenir à ce que toute notion doive être prise à double sens en la travestissant relève du tour de force ! »


« Oui, c’est la raison pour laquelle je mets systématiquement des guillemets au mot « dirigeants » pour désigner ceux de cette époque. 

Très bien Luc, commençons par le commencement : tu sais j’imagine, ce qu’est l’état de droit ? »



lundi 26 juin 2017

Aquila

Une fantaisie jupitérienne où la France du Grand Siècle 
s'adresse à la France d'aujourd'hui


Je parcours depuis quelques jours l’excellent “Richelieu”, d’Arnaud Teyssier.

Lorsque le temps que nous vivons devient trop médiocre et déprimant, le Grand Siècle est un refuge sûr.

Il nous rappelle combien notre pays a touché à une période de son histoire, au summum de ce qu’une civilisation peut produire. Les hommes qui ont fait cette époque n’avaient guère plus de cinquante années à vivre, mais ils les employaient au mieux.

Chaque minute de leur vie était engagée à une œuvre utile, n’empruntait pas ces multiples dérobades que notre temps soit disant civilisé a répandu comme des paillettes. 

vendredi 16 juin 2017

L'homme sans qualités


Par ce titre, il ne s’agit pas de dénier tout talent à l’homme qui vient de se faire élire président de la république. Mais de voir en lui ce que le célèbre roman éponyme de Robert Musil dévoile avec tant de lucidité.

Tout comme Ulrich - le héros du roman - Emmanuel Macron présente tous les dehors apparents d’atouts personnels. L’on prête ainsi à Ulrich intelligence, volonté et parfois courage. Musil ne cherche pas à faire le portrait d’un médiocre. Son titre révèle un malaise beaucoup plus profond : « l’homme sans qualités » est appelé ainsi non parce qu’il en est dépourvu, mais parce qu’il faudrait parler d’attributs abstraits le concernant, au sens mathématique du terme, plutôt que de qualités personnelles.

Dans le roman de Musil, Ulrich possède bien certains talents, mais ils se diluent dans un relativisme généralisé, un regard purement formel sur le monde, faisant de toute conviction ou tout engagement un simple protocole d’usage. Les qualités ne sont pas absentes, mais elles ne sont jamais habitées. Comme s’il ne subsistait plus que la liberté de choix à l’état pur, sans le pilotage de la conscience.

Musil parle dans son roman de l’Autriche-Hongrie finissante, sous le sobriquet de « Cacanie », un état qui « ne subsistait plus que par la force de l’habitude ». Les héros de son roman essaient de se donner des causes mais sans y croire. Musil diffuse une ironie perçante et glacée tout au long de son roman, sur le mouvement « d’Action parallèle » que rejoint Ulrich. Ce groupe politique auto-constitué est une dernière tentative de célébrer leur souverain François-Jospeh et leur pays, mais sans que personne ne sache plus ce qu’est leur nation ni ce qui la fonde.

mardi 2 mai 2017

Le système du Docteur Goudron et du Professeur Plume



« Quand un fou paraît tout à fait raisonnable, il est grandement temps, croyez-moi, de lui mettre la camisole. »

Le système du Docteur Goudron et du Professeur Plume, d'Edgar Allan Poe, traduction en français par Charles Baudelaire.


La nouvelle du grand Edgar Allan Poe décrit finalement très bien la situation que nous vivons actuellement en France.

La micro-société de son asile d’aliénés est composée de soignants et de fous, mais avec une frontière de plus en plus poreuse entre ces deux populations. Il devient impossible de savoir qui est fou et qui est médecin, chacun accusant son semblable d’être affecté d’une grave pathologie, et s’investissant de la mission de lui administrer la thérapie qui le remettra dans le droit chemin.

dimanche 5 mars 2017

POKER FACE



Economie exsangue, système éducatif dévasté, pans entiers du territoire livrés à des bandes imposant leur loi, lâcheté généralisée face aux caïds communautaristes mais répression implacable contre ceux qui le font remarquer, justice et média d’une partialité telle qu’elle finit par en être comique, servilité face à la corruption financière de la Commission européenne, qui n’est plus seulement incompétente sur le plan économique, mais devient - sans même prendre le soin de s’en cacher - une usine d’enrichissement personnel aux mains de grands malfaiteurs.

Mais qu’importe tout ceci. Puisqu’il est si facile d’orienter le vote en laissant l’illusion du choix, d’appeler à la justice quand on est soi-même vautré dans la corruption au centuple, de perpétuer le candidat voulu, celui de la reconduite des privilèges, de l’usurpation intégrale du mérite par des coteries aux petits calculs.

vendredi 24 février 2017

DECODEX : Le niveau zéro de la déontologie



Bombardement d’Alep

Méthodologie à la façon du Decodex :

Fact-checking : un hôpital d’Alep Est, zone tenue par la résistance à Bachar El-Assad, a été bombardé par l’aviation russe et par les forces loyalistes. Plusieurs dizaines de malades alités ont été tués, parmi lesquels des enfants en cours de soin, y compris pendant des opérations chirurgicales.

Commentaire : Les troupes russes et les forces de Bachar El-Assad se livrent à des atteintes fondamentales aux droits de l’homme en Syrie, en état de catastrophe humanitaire. Ils ciblent directement et volontairement des populations civiles dans la guerre visant à écraser la rébellion contre le régime syrien.

Evaluation : Pastille rouge ou à minima orange à l’encontre de ceux qui auraient des réserves quant à l’information précédente, purement factuelle. Ceux qui nient cette réalité sont des affidés de Bachar El-Assad ou des Poutiniens en mal de régimes autoritaires, à l’encontre de nos sociétés ouvertes et démocratiques.


Méthodologie proposée par « l’Orque » :

Fait observé à l’origine : un hôpital d’Alep Est, zone tenue par la résistance à Bachar El-Assad, a été bombardé par l’aviation russe et par les forces loyalistes. Plusieurs dizaines de malades alités ont été tués, parmi lesquels des enfants en cours de soin, y compris pendant des opérations chirurgicales.


Faits interdépendants du premier fait :

- La « résistance » située dans les quartiers Est d’Alep est constituée en grande partie de combattants se réclamant de Daesh, d’Al Quaïda ou d’autres factions islamistes dures.

- Les populations civiles de ces quartiers sont prises en otage par les précédents « résistants », qui mélangent à dessein des zones civiles sensibles (hôpitaux, écoles, …) avec leurs postes militaires, selon la technique éprouvée des « boucliers humains ».