Musashi

Le troisième homme

Une communauté fraternelle d'hommes libres et déterminés, en alternative aux pièges de la société moderne

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jeudi 12 octobre 2017

Les nouveaux prédateurs



Il y a des siècles de cela, ils annonçaient la couleur. Ils inspiraient la crainte, portaient leur cruauté et leur soif de sang en bandoulière, vivaient de faire régner la terreur par leur seule apparition.

Les plus intelligents comprirent que c’était une faiblesse. Qu’il fallait perfectionner leurs moyens d’oppression. Un caïd faisant régner sa loi ne peut susciter longtemps l’adhésion, même forcée. Personne ne peut sincèrement en faire un projet de vie. Sa défaite est inéluctable face à des guerriers déterminés. Alors vint l’armure des bons sentiments.


jeudi 5 octobre 2017

Prière du combattant




Vous n’aurez pas ma haine. Pas à cause d’un faux humanisme trop répandu. Seulement parce que la haine pourrait me rendre moins efficace pour te trancher la carotide, te détruire de mes propres mains. Le légionnaire, le pratiquant d’arts martiaux apprennent à n’éprouver ni haine ni colère qui pourraient perturber leur seul but : la mise à mort de l’adversaire. Je te tuerai calmement, tranquillement. Je n’éprouverai nulle haine, plutôt de la délectation. Et lorsque tu resteras là, gisant dans ton sang, je n’éprouverai pas plus d’émotion qu’en ayant tué un insecte qu’il fallait éliminer. Tout au plus aurai-je un léger sourire aux lèvres.


Vous n’aurez pas ma haine, elle serait une perte de temps et d’attention que personne n’a à vous accorder. Car vous êtes des inférieurs, vous ne valez rien. Vous prétendez à la pureté parce que votre intérieur n’est qu’une déchetterie et vous le savez. Vous suivez des révoltes de pacotille parce que toute votre vie n’est que pacotille. Face à vos échecs et vos malheurs, vous n’avez jamais eu le vrai courage de bâtir et d’étudier en réponse, courage que ceux qui ont souffert bien plus que vous ont eu et que vous haïssez pour cela. Vous êtes minables de bout en bout. Vous n’avez ni culture ni civilisation, vous n’avez fait que piller celles qui vous dépassaient. Il vous aurait fallu une véritable volonté et une véritable détermination, toutes choses que vous confondez avec la boursouflure de votre ego et de votre aigreur qui se répand comme un chancre. Vous pensez conquérir. Vous ne faites que vous répandre.


Vous n’aurez pas ma haine, je ne la réserve qu’à des adversaires de valeur, qui m’obligent à puiser dans mes ultimes ressources. Vous n’êtes bons qu’à vous attaquer à des femmes sans défense, à des enfants, à des personnes désarmées. Face à des hommes déterminés et hommes d’honneur, vous n’avez aucune chance et vous le savez. Vous n’êtes pas des combattants, vous êtes incapables de maîtriser la moindre de vos pulsions. Vous prétendez lutter contre la décadence du monde et vous violez jusqu’aux enfants, vous vous vautrez dans la pourriture de votre être. Pour cette raison, il n’y a rien à craindre de vous. Vous perdrez, vous avez déjà perdu. Face à des hommes véritables, vous vous répandrez comme des larves écrasées, révélant votre vraie nature et votre fausse religion.


Vous n’aurez pas ma haine. Haïr quelqu’un suppose que l’on a encore un minimum d’estime pour lui.


mardi 29 août 2017

Le langage de l'action


A la mémoire de Paul Watzlawick

Emmanuel Macron aime à se faire passer pour un homme qui a connu le monde de l’entreprise et sa mise à l’épreuve par l’action.

Certaines activités humaines sont cruelles. Notamment, lorsqu’elles requièrent un niveau d’exigence tel que l’on peut juger dès les premières minutes à qui l’on a affaire.

Pour des musiciens chevronnés, celui qui joue dévoile son niveau dès les premières notes. Le mauvais musicien se trahit dans la première minute. Au jeu d’échecs, les quinze premiers coups vous donnent une idée déjà précise de la force de votre adversaire. Le jeu incohérent du débutant se dévoile rapidement.

Il en est de même du monde de l’entreprise. Et plus particulièrement, d’une certaine utilisation du langage par l’entrepreneur, liée à une éthique de l’action.


vendredi 18 août 2017

Leçon de droit à l’usage de ceux qui ont soif de justice



Année 2153. Luc esquisse une moue sévère avant de rencontrer M. Augustin. Le jeune étudiant en droit se sent un peu intimidé, face à la somme de connaissances et d’accomplissements qu’il va bientôt rencontrer pour son cours du soir. Mais la civilisation dont Luc est issu apprend à faire de la peur un enthousiasme. Il pousse la porte de l’ancienne bibliothèque en ayant soif de connaissance et de confrontation.


« Bonsoir Luc. J’ai cru comprendre que tu souhaites t’entretenir avec moi de cette période trouble dont j’ai déjà discuté avec ton condisciple Hector, l’historien. Mais cette fois sur ta matière propre : le droit ! Décidemment, votre génération a de curieuses fascinations, car l’époque qui t’intéresse a ceci de particulier qu’elle était parvenue à pervertir toute valeur, au point de se réclamer de celles-ci mais d’agir exactement à l’inverse. »


« Justement M. Augustin, je veux comprendre comment une société parvient à ce degré d’hypocrisie, qui fait sans doute hurler le simple citoyen, mais dont il ne peut sortir, comme d’une camisole de l’esprit. Il est également enrichissant de comprendre les raisons qui ont poussé des dirigeants à agir de façon aussi pervertie, en plaçant en face de chaque valeur sa version dévoyée qui en prend toutes les apparences mais instille l’inverse dans la société. Indépendamment des jugements moraux que l’on peut porter sur une telle entreprise, parvenir à ce que toute notion doive être prise à double sens en la travestissant relève du tour de force ! »


« Oui, c’est la raison pour laquelle je mets systématiquement des guillemets au mot « dirigeants » pour désigner ceux de cette époque. 

Très bien Luc, commençons par le commencement : tu sais j’imagine, ce qu’est l’état de droit ? »



lundi 26 juin 2017

Aquila

Une fantaisie jupitérienne où la France du Grand Siècle 
s'adresse à la France d'aujourd'hui


Je parcours depuis quelques jours l’excellent “Richelieu”, d’Arnaud Teyssier.

Lorsque le temps que nous vivons devient trop médiocre et déprimant, le Grand Siècle est un refuge sûr.

Il nous rappelle combien notre pays a touché à une période de son histoire, au summum de ce qu’une civilisation peut produire. Les hommes qui ont fait cette époque n’avaient guère plus de cinquante années à vivre, mais ils les employaient au mieux.

Chaque minute de leur vie était engagée à une œuvre utile, n’empruntait pas ces multiples dérobades que notre temps soit disant civilisé a répandu comme des paillettes. 

vendredi 16 juin 2017

L'homme sans qualités


Par ce titre, il ne s’agit pas de dénier tout talent à l’homme qui vient de se faire élire président de la république. Mais de voir en lui ce que le célèbre roman éponyme de Robert Musil dévoile avec tant de lucidité.

Tout comme Ulrich - le héros du roman - Emmanuel Macron présente tous les dehors apparents d’atouts personnels. L’on prête ainsi à Ulrich intelligence, volonté et parfois courage. Musil ne cherche pas à faire le portrait d’un médiocre. Son titre révèle un malaise beaucoup plus profond : « l’homme sans qualités » est appelé ainsi non parce qu’il en est dépourvu, mais parce qu’il faudrait parler d’attributs abstraits le concernant, au sens mathématique du terme, plutôt que de qualités personnelles.

Dans le roman de Musil, Ulrich possède bien certains talents, mais ils se diluent dans un relativisme généralisé, un regard purement formel sur le monde, faisant de toute conviction ou tout engagement un simple protocole d’usage. Les qualités ne sont pas absentes, mais elles ne sont jamais habitées. Comme s’il ne subsistait plus que la liberté de choix à l’état pur, sans le pilotage de la conscience.

Musil parle dans son roman de l’Autriche-Hongrie finissante, sous le sobriquet de « Cacanie », un état qui « ne subsistait plus que par la force de l’habitude ». Les héros de son roman essaient de se donner des causes mais sans y croire. Musil diffuse une ironie perçante et glacée tout au long de son roman, sur le mouvement « d’Action parallèle » que rejoint Ulrich. Ce groupe politique auto-constitué est une dernière tentative de célébrer leur souverain François-Jospeh et leur pays, mais sans que personne ne sache plus ce qu’est leur nation ni ce qui la fonde.

mardi 2 mai 2017

Le système du Docteur Goudron et du Professeur Plume



« Quand un fou paraît tout à fait raisonnable, il est grandement temps, croyez-moi, de lui mettre la camisole. »

Le système du Docteur Goudron et du Professeur Plume, d'Edgar Allan Poe, traduction en français par Charles Baudelaire.


La nouvelle du grand Edgar Allan Poe décrit finalement très bien la situation que nous vivons actuellement en France.

La micro-société de son asile d’aliénés est composée de soignants et de fous, mais avec une frontière de plus en plus poreuse entre ces deux populations. Il devient impossible de savoir qui est fou et qui est médecin, chacun accusant son semblable d’être affecté d’une grave pathologie, et s’investissant de la mission de lui administrer la thérapie qui le remettra dans le droit chemin.